Comment notre Eglise est au service du monde ?

Publié le par Diocèse d'Evreux

Démarche Synodale :

« Comment notre Eglise est au service du monde ? »

La réponse du Service Diocésain de la Solidarité

 solidarite-monde 

1°) Au Service Diocésain une famille de 5 personnes ( de 18 à 47 ans) vit avec un salaire de 1.340 euros mensuel. Le 10 du mois il n’y a plus d’argent une fois prélevé par la banque le montant mensuel négocié lors de la liquidation du dossier de surendettement. Comment avoir dans ce contexte des relations apaisées et de  confiance ? Ces travailleurs pauvres et ces personnes au chômage sont souvent victimes d’accidents de la vie (chômage, maladie, séparation, divorce, décès…) sont isolées et « en danger ». Il nous faut être en situation de les rencontrer, de les accueillir et de les écouter pour leur permettre de sortir de leur isolement en créant des groupes de parole et de partage : c’est la première étape pour qu’elles puissent recouvrir leur dignité. Le diocèse investit beaucoup dans des formations à l’écoute et à l’animation de « groupes de parole », mais il nous reste encore beaucoup à faire pour la rencontre et pour l’accueil !

 

2°) L’un des atouts majeurs de notre département : les jeunes ! (40% de la population a moins de 30 ans). Mais nous sommes l’un des départements où l’échec scolaire et le décrochage atteignent des niveaux « record ». Cela a évidemment des conséquences désastreuses : alcoolisme, drogue, illettrisme, non qualification et chômage des jeunes. Le soutien scolaire, l’accompagnement et le parrainage des jeunes pour l’emploi et la formation sont des priorités pour lutter contre cette « malédiction » !

 

3°) Le nombre de personnes âgées, ou malades, isolées, en hôpital ou en maison de retraite est de plus en plus important. Ce sont trop souvent des situations d’inhumanité et de désespérance.

Bien entendu il existe des aumôneries dans la plupart des maisons de retraite et des établissements hospitaliers ou des bénévoles visitent les personnes surtout lorsqu’elles dont demandeuses de prières et de sacrements.

Mais comment rejoindre des personnes qui ne demandent rien au départ sur le registre de la foi mais ont un immense besoin d’amour et d’humanité ?

 

4°) Les équipes « funérailles » rencontrent et accompagnent les familles en deuil au moment du décès de l’un de leurs proches. Cet accueil, cette écoute et ce soutien fraternel sont déjà un « puissant » témoignage. L’invitation à la rencontre communautaire du dimanche suivant est également une beau geste de fraternité, mais comment transformer ce moment « privilégié » en solidarité gratuite et  durable ?

 

5°) Dans notre diocèse quelques personnes accueillent des prisonniers lorsqu’ils quittent la maison d’arrêt d’Evreux ou le centre de détention de Val de Reuil et qu’ils se retrouvent à leur sortie sans famille et sans amis. Les services d’hébergement d’urgence de l’état de même que le S.P.I.P. (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation du ministère de la Justice)  n’arrivent plus à faire face par manque de moyens. Il devient URGENT de nous mobiliser pour organiser leur accueil afin qu’ils échappent aux bandes organisées et à la récidive et retrouvent un minimum de fraternité et de convivialité ?

6°) Dans notre diocèse près de 200 étrangers (dont des femmes et des enfants) sont chaque année « déboutés du droit d’asile » et doivent quitter les centres d’hébergement, se retrouver à la rue sans travail, sans logement et sans droits ! L’état veut les renvoyer dans leur pays d’origine où bon nombre d’entre eux risquent pour leur vie et leur liberté. Quelques paroisses se sont déjà mobilisées pour les accueillir et les accompagner. Mais notre réponse n’est malheureusement pas à la hauteur du défi !

L’accompagnement des étrangers « sans papiers » demande des compétences techniques, juridiques et sociales. Car la loi et les dispositions du droit sont complexes. Il est indispensable que des bénévoles de nos communautés et de nos associations acceptent de se former. C’est un investissement long et « laborieux » !

 

7°) La solidarité internationale est aujourd’hui un lieu « incontournable » de notre humanité. Du fait des nouveaux moyens de communication et d’information, la planète est devenue un village. Au-delà du « sensationnel » et de « l’immédiat » comment construire avec des partenaires de ces pays « émergents » des relations basées sur la durée et la réciprocité ? Beaucoup d’associations y travaillent dans le département. La semaine de la Solidarité Internationale (du mois de novembre) est un moment privilégié de ce partenariat.

 

8°) Il est de notre responsabilité de Chrétiens d’interpeller les élus et les pouvoirs publics à tous les niveaux sur ces défis de la solidarité : maires, conseillers généraux et régionaux, députés, sénateurs… communes, communautés d’agglomération, département, région, état, Communauté Européenne…

Notre vocation de Chrétiens est le service du « Bien Commun » dans la Cité. C’est le sens de l’engagement politique auquel nous invite la « Pensée Sociale de l’Eglise ».

 

9°) Nous disons rencontrer dans le regard des autres le regard du Christ lui-même. En découvrant la vie  des pauvres nous reconnaissons nos propres fragilités et nos propres pauvretés. « Personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à donner » (Diaconia). Il est urgent d’ouvrir nos communautés à tous ces « mendiants de pain » et à tous ces « mendiants d’amour ».

 

A Evreux le 16 mars 2014

L’Equipe Diocésaine de La Solidarité

 

 

 

N.B. : Nous sommes conscients qu’il y aurait bien d’autres points de réflexion et d’action à développer (éclatement du lien familial, précarités affectives et sociales..) mais nous avons choisi ceux qui ont été le plus souvent nommés et qui nous sont apparus au premier plan.

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